S’il n’existe pas encore en France, le marché des casino en ligne pourrait bientôt voir le jour notamment avec la décision du gouvernement de privatiser la Française des Jeux et d’assouplir la réglementation qui pèse sur le secteur. L’objectif est simple, reconquérir la clientèle de l’Hexagone et augmenter les recettes fiscales perçues sur ce type d’activité.

C’est désormais officiel. Le gouvernement a bien l’intention de céder une bonne partie des actions de la Française des Jeux dans le cadre de sa privatisation. Détenant actuellement 72 % des actions de la FDJ, l’Etat envisage de vendre à des investisseurs privés environ 20 % de celles-ci afin de garder la majorité. En parallèle à ce projet, Bercy compte également ouvrir à l’horizon 2018 un marché dédié aux casinos en ligne. Cependant, cela n’aurait aucun intérêt si l’Etat maintient une fiscalité trop lourde sur les opérateurs ou s’il ne change la réglementation régissant les jeux en ligne comme sur le poker et les paris sportifs.

Sur ce point, la France est bien en retard par rapport à ses voisins européens qui possèdent pour la plupart une réglementation et une fiscalité favorables au développement et à la dynamisation du secteur. Donc, pour rattraper ce retard, le gouvernement envisage des mesures qui devraient profiter à tous les acteurs du marché. Concrètement, si actuellement l’Etat prélève environ 9 % sur les paris des joueurs, il devrait plutôt prélever les taxes directement sur les chiffres d’affaires des opérateurs à hauteur de 20 à 30 % selon l’avis de l’Autorité de Régulation des Jeux en ligne (ARJEL). Cela permettrait aux sites de jeux en ligne d’augmenter leurs bénéfices et de ce fait proposer des gains plus importants aux joueurs. Il convient de souligner que les taux d’imposition appliqués dans certains pays ne dépassent que rarement les 20 %.

Une ouverture possible fin 2018

Depuis l’avènement des jeux en ligne, le contexte peu favorable offert par la France aux adeptes des jeux en ligne a en effet poussé les joueurs à se rabattre sur les sites étrangers qui proposent des conditions plus attractives en termes de gain. En tout, ils sont environ 800 000 joueurs à choisir cette option ce qui représente un manque à gagner énorme pour la caisse de l’Etat. De l’avis de certains experts, l’ouverture d’un marché des jeux en ligne pourrait permettre d’inciter 500 000 d’entre eux à opter pour les opérateurs français. Cela représenterait un chiffre d’affaires de 600 millions d’euros pour les investisseurs et pour l’Etat des recettes fiscales plus conséquentes.

Pour l’heure, le projet de mettre en place un marché des jeux en ligne n’est qu’à sa phase de conception. Il faudra encore attendre que les parlementaires se prononcent sur ce sujet et donnent leur aval pour que cette nouvelle réglementation puisse être applicable. En attendant, l’on sait déjà que les investisseurs sont impatients d’arriver au jour J. En effet, des opérateurs de casino, des buralistes, de grands groupes comme Barrière ainsi que des références en matière de jeux en ligne comme Ubisoft pourraient bien prendre part à un tel projet.